Ce site a pour but d'ouvrir le débat quant à certaines réflexions que nous pouvons mener, ou certains faits de société qui méritent d'être creusés. Tout commentaire constructif est le bienvenu :o)

1.2.06

Alain, François et Ségo


Premier pourfendeur de la Ségomania [voir le récapitulatif sur ce blog "I love Ségo"], Alain Duhamel publie aujourd'hui dans Libé une chronique encensante relative à M. Royal : François Hollande. Autant le personnage de Duhamel a tendance à m'agacer, autant j'aime bien, en général, lire ses papiers, bien écrits quoique n'hésitant pas à étaler une culture ostensiblement impressionnante, et que je juge très souvent pertinents sur le fond.

Après avoir donc qualifié Ségolène Royal de phénomène purement médiatique et prévu un dégonflement du soufflé (pour justifier le fait qu'il ait omis de la mentionner dans son bouquin sur les présidentiables de 2007 publié alors que la popularité de Ségo n'était encore que frémissante ?), Duhamel loue les mérites de François et feint de s'étonner de son manque de popularité.

En substance, Hollande, qui dirige le PS depuis 10 ans, est l'homme clé de la gauche ; il a accumulé les succès (quelques défaites aussi mais Duhamel met en avant sa capacité à encaisser le choc de 2002 et minimise sa responsabilité dans le fiasco du référendum). Pourquoi sa popularité ne décolle-t-elle pas ? Notre chroniqueur bonhomme mais parfois acerbe a une thèse flatteuse sur ce point :

"Cela doit se comprendre aussi ­ paradoxalement ­ parce que François Hollande représente un prototype politique trop authentiquement démocratique, trop discrètement moderne pour les électeurs. Dans n'importe quel autre pays de l'Union européenne, François Hollande, leader du principal parti d'opposition, stratège implicite de toute coalition de gauche, porterait l'habit flatteur du leader de l'opposition, du chef de file de l'alternance. José Luis Zapatero, Tony Blair, Angela Merkel, Romano Prodi, ont tout naturellement joué ce rôle. Ici, l'homme d'une coalition alternative doit encore posséder quelque chose de monarchique, de belliqueux, de dominateur ou alors incarner au contraire une nouveauté onirique, un contre-modèle plus médiatique que politique. François Hollande ne relève d'aucune des deux catégories : serait-il faible d'être en avance d'une métamorphose démocratique ?"

Si je transpose la thèse duhamelienne à ma perception propre du premier secrétaire, l'explication me convainc. Politiquement, c'est du PS que je me sens le plus proche. Pourtant, je n'arrive pas à imaginer sérieusement (et je ne le souhaite pas) que ce sera lui qui défendra les couleurs de la gauche en 2007. Le personnage m'est trop indifférent. A mes yeux, il manque de charisme, de force de conviction, de couilles même pour parler cru. Bref, il ne me fait vraiment pas rêver ! Sans doute ai-je donc aussi cette vision "monarchique" de la fonction présidentielle, du moins de la fonction présidentielle de la Ve République. A ce titre, je remarque que tous les exemples cités par Duhamel (Zapatero, Blair, Merkel, Prodi) concernent des chefs de gouvernement et non des chefs d'Etat, tous les pays concernés étant des régimes de type parlementaire et non présidentiel (ou présidentialiste comme la Ve République).

En somme, si Hollande n'a pas le profil du président de la République, il ferait sans doute, sous la Ve République, un très bon Premier ministre. Le Premier ministre de sa femme ?!!

25.1.06

Vanneste suite

C'est drôle, je voulais essayer de poster davantage d'articles sur l'actualité politique française et j'avais l'intention d'écrire sur le CPE (prononcez contrat de première embauche), au lieu de quoi j'ai écrit sur la monoculture, et fcrank a écrit sur Dieudonné. Je me suis dit que j'avais du temps aujourd'hui et que je pourrais revenir dessus, mais je suis entre temps tombé sur le blog du député Vanneste. Celui-ci a été condamné hier à 3 000€ d'amende et à verser 2 000€ à chacune des trois associations s'étant portées partie civile. Il a publié un article sur son blog dans lequel il "prend à témoin les Français" et proteste contre la dérive de la France.

Soit. De la part de Vanneste, ça n'a rien de surprenant. Ce qui fait sans doute plus mal est la lecture des commentaires de soutien (tous ne sont pas des messages de soutien, heureusement, mais la vaste majorité). Ce que j'en retire, même si je ne rentre pas dans le jeu de vous citer les meilleurs passages, c'est que:
- l'homosexualité est un choix
- on ne s'attaque pas aux homos, mais à leur comportement (les homos étant de pauvres malheureux)
- Dieu condamne l'homosexualité (même si l'abbé Pierre n'a pas l'air d'accord)
- en ne faisant pas de publicité à l'homosexualité, il y en aura moins
- l'homosexualité est bien entendu inférieure à l'hétérosexualité
- il ne faut pas rentrer dans un débat philosophique, mais simplement citer la parole divine
- la liberté d'expression est menacée en France

Je vais m'en tenir là. J'aimerais juste répondre à certaines de ces idées.
> Tout d'abord, l'homosexualité n'est pas un choix, n'est pas une maladie, et ne se guérit donc pas. On pourrait revenir là-dessus à l'infini (de la même façon qu'on pourrait re-justifier l'égalité des races), mais ça finit par être monotone.
> S'attaquer au comportement homosexuel, mais pas aux homos revient dans le cas d'obésophobie (lol) à dire qu'on attaque la graisse des gros et pas les gros eux-mêmes.
> Ce n'est pas Dieu qui condamne l'homosexualité, mais la Bible qui n'est autre qu'un texte écrit par des hommes (si on rentre dans la question d'inspiration divine lors de l'écriture, je jette l'éponge: on pourrait justifier pas mal de choses comme ça).
> Il y a des jeunes, à la campagne, qui sont homos sans jamais avoir entendu parler d'homosexualité, qui le sont spontanément. Ils découvrent qu'ils ne sont pas seuls ensuite. Ca n'a rien à voir avec de quelconques fréquentations.

La plus intéressante est la question de savoir si la liberté d'expression est menacée en France. Je vais citer un commentaire que j'ai lu sur le blog du député:

C'est vrai, la France des Droits de l'Homme n'est plus un pays de liberté, puisque pour protéger celle des uns, on doit limiter celle des autres. La France n'est pas un pays d'égalité, puisque tous les citoyens ne sont pas égaux devant la loi. La France n'est pas un pays de fraternité puisque les Français cultivent à l'envie leurs antagonismes et préfèrent se faire la guerre, fût-elle seulement une guerre des mots, plutôt que de s'aimer, de se respecter et de se comprendre.

Les commentaires de Jacky MAJDA et de Jean-Louis GUENEGO ont ceci de commun qu'ils démontrent qu'à bien des égards, il fait meilleur vivre au Canada qu'en France aujourd'hui. Chez nos cousins américains, chacun peut en effet vivre sa différence sans s'attirer le mépris de son voisin, et de même, vos propos n'auraient pas été condamnés devant un tribunal puisque, de toute façon, ils n'auraient pas rencontré l'écho et la publicité qu'on leur a donnés ici.

La liberté d'expression est restreinte parce qu'il y a des gens qui ne mesurent pas la portée de ce qu'ils disent, qui ne comprennent pas que leurs mots peuvent avoir des conséquences dangereuses. C'est dommage.

Dieudo rime avec...?


Dieudonné ayant annoncé son intention d'être candidat à l'élection présidentielle de 2007, il vient de lancer à cet effet un site tout en subtilité et en modestie [ironie].

A consulter ce site, j'ai ressenti un certain malaise, un sentiment de déjà lu ou entendu, notamment en lisant son "programme" dont le premier paragraphe aurait pu être écrit tel quel par... Jean-Marie Lepen. Je vous en laisse juge (lisez en imaginant la voix de Jean-Marie...) :

"Dans les domaines politiques, historiques ou sociétaux, nous assistons à l’émergence d’une dictature du politiquement correct, avec le concours de médias serviles et le recours croissant à l’institution judiciaire, pour museler tout discours « déviant ». Les campagnes de diabolisation, les poursuites et parfois les condamnations de personnalités se multiplient, la censure gagne chaque jour du terrain.
"Le référendum sur la constitution européenne, qui a vu le peuple dire NON à l’essentiel de la classe politico-médiatique, en dépit d’une campagne de propagande digne d’un état totalitaire, est venu démontrer la rupture entre le peuple français et ses prétendues élites."

L'analogie n'est pas fortuite. S'il se situe a priori à l'opposé de Le Pen sur l'échiquier politique, Dieudonné reprend ni plus ni moins les recettes qui ont permis au vieux borgne d'émerger et de prospérer. Jouer sur les haines plutôt que de les apaiser, discours démagogiques, provocations à outrance dont on se demande si elles n'ont pas pour seul objectif d'attirer l'attention des médias, stratégie de victimisation.

Comme lui, il dérape tout en fustigeant le politiquement correct. On ne serait pas surpris qu'un jour il mentionne à son tour "le détail de l'histoire". Sous couvert d'antisionisme, le site regorge de propos qu'on devine motivés par une rancoeur plus profonde. Que l'esclavage des Noirs n'ait pas fait l'objet de la reconnaissance et du repentir indispensables, soit. Que cela justifie pour autant de s'en prendre à d'autres populations dont les meurtrissures ont, elles, été pleinement reconnues, non. Même l'habillage du site (drapeau bleu-blanc-rouge flottant fièrement au vent, arc de triomphe et tour Eiffel) s'est mis à la mode lepéniste.

Moins qu'un "clown triste" (personnellement il ne m'a jamais fait rire), Dieudo est un apprenti politicien que je juge mégalo, parano et haineux. Et dangereux.

500 élus doivent parrainer Dieudonné pour qu'il puisse se présenter au suffrage des Français... J'ai presque envie qu'il obtienne ces signatures pour ne pas lui laisser l'opportunité de crier au complot, et qu'il se ramasse ensuite un petit 1,7 % des voix au premier tour... mais sans doute reprendrait-il l'argument lepéniste du boycott médiatique...

Le joli pot de culture...

J'avais commencé à répondre à Neimad ici, et je me suis dit que ça pourrait être l'occasion d'un post entier. Je réagissais à son expression "apauvrissement intellectuel des masses". Nous parlions de culture et je trouve qu'on rentre trop dans le jeu des néo-intellectuels français...

Je trouve insupportable le dictat de la voix unique. Alors si vous voulez parler de culture cinématographique, merci de citer Télérama. A la limite les Cahiers du Cinéma. Tout ce qui ne rentre pas dans leurs grilles est de la sous-culture. Autant vous dire tout de suite que tout ce qui constitue un succès commercial éjecte un film des bonnes grilles de la culture. Mais au nom de quoi certains rares privilégiés auraient-ils le droit d'imposer "ceci est de la vraie, de la bonne culture, et cela n'en est pas"? Qu'est-ce qui constitue, déjà, de la vraie culture riche?

Qu'est-ce que vous pensez des designers? Des graphistes? Est-ce que leur travail est purement utilitaire ou peut-on y voir un travail de création artistique? de création de culture? Tout le mouvement Pop a justement contribué à attirer l'oeil des masses sur des objets qui semblent insignifiants. Andy Warhol. Maintenant lui, c'est de la bonne culture bien comme il faut, et pourtant il n'a fait que ça: montrer aux gens l'importance de la culture dans leur vie quotidienne. Comment peut-on aimer son oeuvre et rester imperméable à ses idées? La création n'est pas l'apanage des élites!

Alors oui, je comprends qu'on laisse de côté certaines oeuvres, certains objets, mais je trouve honteux que certains veuillent imposer leurs choix aux autres en discréditant tout contestataire: si t'es pas d'accord c'est juste que t'es pas assez cultivé.

En changeant à peine les mots on rentre dans le cas de Têtu. Attention, si vous voulez être un bon homo, un vrai pédé comme il faut, il faut croire ceci, voter cela et aimer celle-ci. Ah, déjà je savais pas qu'il y avait des pédés comme il faut, je pensais plutôt qu'un des piliers de l'émancipation était de rejeter tous les modèles du "comme il faut". Bon, soit, je dois pas être un bon petit pédé, je peux vivre avec. Ce qui m'énerve c'est quand on vient ensuite me dire que si je ne suis pas d'accord avec eux sur tout, alors je suis homophobe. Alors là c'est autre chose. Donc déjà je suis inculte, mais alors en plus je suis homophobe... Si vous continuez, vous allez me vexer.

Comment faire pour faire changer tout ça? Peut-être en ballayant devant notre porte, chacun, en n'excluant pas tous ceux qui ne sont pas d'accord avec nous en les taxant d'imbéciles.

20.1.06

T'es bon à quoi toi?

Ca faisait un moment que je voulais écrire ce qui suit... Bon à peine quelques semaines, ça va, oh! Ca venait en fait de la conclusion d'un film homo. C'est l'histoire d'une bande d'amis gay plus ou moins superficiels; l'un des personnages a découvert son homosexualité sur le tard et essaie de "rattraper le temps perdu". Il a tellement l'impression d'avoir passé son temps à cacher sa sexualité, qu'une fois qu'il l'assume, c'est la seule chose qui compte dans sa vie. Il dit en fait "être homo c'est devenu la seule chose à laquelle je suis bon".

A devoir, quand on est jeune, gommer son homosexualité, est-ce qu'après on n'est pas obligé de la réapprendre, ce qui expliquerait qu'on puisse être bon ou mauvais à cela, que ça devienne une réelle occupation? Je pense que quand on parle du milieu homosexuel comme un danger, c'est à ça qu'on fait référence: au fait que pour rattraper le temps perdu, on fasse de son orientation sexuelle son activité principale. Pour se sentir vivre en tant qu'homo, on s'oblige à rentrer dans un moule stéréotypé (et réducteur) fait d'obligations: si tu veux en faire partie, c'est comme ça, comme ça et comme ça.

Et c'est très compréhensible de la part de personnes qui ont pendant si longtemps refoulé une part de leur identité. Pour se convaincre qu'ils l'ont vraiment acceptée, ils vont l'embrasser de la façon la plus visible possible. Plutôt que de vivre avec la composante homo, ils ne vivent qu'en tant qu'homo. Est-ce bien, est-ce mal? J'aurais surtout envie de dire que c'est un peu dommage de se limiter à ça. Je suis Mathieu avant que d'être homo.

Mais en même temps, n'est-ce pas une étape nécessaire: est-ce que cette visibilité sociale n'est pas nécessaire pour faire évoluer les choses? C'est en étant visibles, en créant une communauté, qu'on arrive à imposer l'acceptation de notre existence, et c'est ainsi que les futures générations ne seront pas obligées de refouler avant de s'accepter dans l'extrême. Il est possible que le jour où l'homosexualité sera partout acceptée que la communauté gay mourra.

De là à dire "soyez folles, vous faîtes du bien aux générations d'après", non quand même pas. Mais je pense qu'il ne faut pas se prendre la tête à vouloir à tout prix fuir une étape qui peut être logique dans le développement personnel de pas mal d'homos.

12.1.06

Ces poooov' vieux

J'aimerais juste partager une impression assez étrange. Sous mes dehors de gros méchant sans coeur (je pense que certaines personnes de mon entourage ont vraiment cette image-là de moi!), j'ai tendance à me laisser émouvoir par les personnes âgées. C'est vrai: elles sont plus fragiles, plus vulnérables... Et à partir de là, c'est le cerveau qui se met en route: "plus douces, plus calmes, plus gentilles..." Alors voir une pauvre vieille faire la manche, ça me sert le coeur, j'imagine ma grand mère, ou plus tard ma mère faire ça: non, horrible.

Pourtant, il ne faut pas être fou: de la même façon qu'il y a des adultes bien et des adultes cons, des enfants bien et des enfants cons, bah il y a aussi des vieux bien et des vieux cons. Il y en a même des méchants sans doute! Qui ont peut-être fait souffrir tout leur entourage, qui sont à l'origine de traumatismes chez leurs enfants et ceux-ci les ont du coup reniés.

Et même en sachant ça, je n'en suis pas moins touché. Pourant je suis sûr que certains vieux méchants sont conscients de cet attendrissement qu'ils provoquent et qu'ils en usent. Ca m'énerve!!! Du coup je me blinde, j'inhibe tout attendrissement et je passe, indifférent ou presque. Que faire d'autre?

9.1.06

Une année productive?

On va éviter le message de bonne année? Allez, ça nous évitera de rentrer dans un schéma trop politiquement correct, et on laissera ça aux hommes politiques. Cette semaine il y aura les voeux à la presse... youpi! Et accrochez-vous, ça va être comme ça toute l'année! Tout sera bon pour sortir le slogan qui tue.

Les prochaines élections présidentielles vont avoir lieu dans un peu moins de 18 mois, mais ça y est, tout le monde est déjà prêt, voire en campagne. A gauche comme à droite, très à gauche comme très à droite. Alors, Sarko ou Villepin? DSK ou Royal? Qui sera au second tour? Le Pen?

Non, mais vous vous foutez de ma gueule!? Les mandats sont pour cinq ans! En considérant qu'il faut quelques mois pour qu'une équipe prenne ses marques, si on ajoute à ça le temps perdu sur des campagnes par anticipation, je me demande quel temps réel il reste aux hommes politiques pour faire avancer les dossiers. Ca fait déjà une perte de 25% du mandat en futures campagnes.

C'est navrant de la part du gouvernement en place, mais ça l'est tout autant de la part des députés. Si au fond ils sont capables de tout gérer en parallèle et en simultané, je propose qu'on ne les indemnise qu'à moitié. Eh! ils ne travaillent qu'à "mi-temps".

Mais plutôt que de partir sur la question des thèmes de campagne (je vous assure que c'est prématuré), regardons plutôt quels grands chantiers restent encore à entamer ou à poursuivre: l'emploi est plus que jamais la priorité, la réforme des retraites et de la sécurité sociale... Et puis l'intégration des banlieues et la cohésion sociale. On peut toujours prétendre que le problème des banlieues a été reglé par des mesures musclées sur le terrain de la sécurité, mais il n'a été que caché, et il ressortira d'autant plus fort et marqué dans les mois ou les années à venir.

Quelles méthodes pourrait-on employer pour attaquer le problème d'intégration? L'éducation nationale semble un biais important, mais seul cela reviendrait à tirer un trait sur tous les jeunes qui sont sortis du système. Et puis on a bien vu ces dernières semaines que les profs en première ligne étaient des victimes de choix. Alors que faire? Sans doute que des Jeux Olympiques auraient pu jouer sur le moral des Français et auraient pu apaiser certains, voire les recadrer, mais peut-on trouver une méthode durable? Alors bien entendu il faut pouvoir proposer à tous ces jeunes des jobs qui leur évitent de s'enfermer dans des spirales négatives, mais surtout il faut les faire rêver. A travers l'art, à travers le sport...

Alors oui, c'est très convenu de dire ça. Mais je ne pense pas qu'il faut pour autant glorifier toute création en provenance des banlieues: des messages agressifs, éventuellement pleins de haine, ça ne fait pas de l'art pour moi. Je pense surtout qu'il faut arriver à leur envoyer des messages positifs, heureux: il faut montrer à tous que le bonheur est possible. C'est con à dire, mais ce n'est pas si évident que ça. C'est en travaillant sur l'état d'esprit qu'on arrivera à rendre les jeunes productifs, et c'est alors qu'ils se sentiront appartenir à la société, qu'ils trouveront leur place... Je sais, je sais, c'est très naïf comme conception, la naïveté d'un jeune libéral. Oui, mais vous voyez quoi d'autre vous!?

29.12.05

Ah la la, cette société de consommation...

C'est fou le nombre de fois qu'on peut entendre les gens pester en maugréant "ah, c'est la faute de cette société de consommation". Je l'ai entendu si souvent que je finis par le dire par jeu, pour me moquer... Alors qu'est-ce qu'il y a derrière cette expression? J'ai cherché ce que l'encyclopédie en ligne wikipédia en disait...

La société de consommation est donc associée souvent à l'idée de gaspillage et de superflu. Ce qui pousse à dire que c'est un modèle égoïste, un modèle de riches qui exclut les pauvres etc... Alors que je pense que c'est le contraire! Les moyens de production ont tellement évolué au fil des dernières centaines d'années que si tout le monde s'amusait à ne produire que les choses essentielles à la survie de l'espèce, il y aurait une surabondance très nette, et le monde serait sans doute chiant à mourir.

Imaginez que tout le monde ne produise que du blé, de la brique, coupe du bois ou tisse du fil... Remarquez les animaux vivent très bien avec ce genre de préoccupations simples. Seulement voilà, nous ne sommes pas des animaux et nous avons d'autres préoccupations, d'autres aspirations... Nous sommes créatifs et apprécions la beauté. Un mets fin et raffiné plutôt qu'un morceau de pain rassis? Une villa plutôt qu'une grotte? Un tableau plutôt qu'un mur nu? Eh, c'est tout à fait superficiel et inutile.

C'est quelque part un des éléments qui nous distingue des animaux, notre détachement de la survie toute simple. Et puis comme je le rappelais plus haut: les moyens de production ont évolué... Si l'on restait uniquement sur des choses simples, une faible fraction de la population travaillerait seulement. Aller vers la société de consommation est une façon d'ouvrir le monde du travail, de donner du travail à plus de gens... Consommer, c'est impliquer les autres, leur donner du travail... Donc consommer ce n'est pas du tout égoïste :o) Comment ça, vous avez reconnu le libéral en moi?

27.12.05

Le grand raout


Une des choses que je déteste le plus au monde : l'homme politique de droite qui part à la chasse aux voix d'extrême droite. Un des hommes politiques que je déteste le plus au monde : Eric Raoult, qui s'est fait le spécialiste de cette pratique.

Récemment, il a accordé une interview au quotidien Minute (déjà en soi c'est révélateur), dans laquelle il a déployé des trésors de démagogie pour satisfaire le lectorat lepéniste, en déclarant que "Clichy-sous-Bois fait honte à notre pays. C'est à partir de Clichy-sous-Bois que les émeutes dans les banlieues ont commencé. Or, c'est la ville de France qui reçoit le plus d'argent de l'Etat depuis une vingtaine d'années".Le maire du Raincy a réitéré sa demande de "mise sous tutelle" de cette ville également située en Seine-Saint-Denis et voisine de la sienne, parce qu'elle "a tellement de problèmes" qu'"il faut y nommer un représentant de l'Etat" pour que son maire, "qui semble dépassé par la situation, puisse être aidé par un haut fonctionnaire".

Il me semble au contraire que l'ensemble de la classe politique a loué l'action du maire lors des récentes émeutes, alors que Raoult proclamait l'état d'urgence à renfort de médias dans sa commune épargnée de toute violence. Surtout, il ne faudrait pas oublier que la ville dont Raoult est le maire, un havre de paix bourgeois au milieu des communes défavorisées du département, vient d'être condamnée à une amende pour non respect de la loi imposant un quota minimal de logements sociaux.

Ce mec me révulse.